Ni beaux ni laids

Ni beaux ni laids

L'enfant qui voulait parler.

L’ENFANT QUI VOULAIT PARLER

 

Sora habite une ville remplie de silences. Les gens ressemblent à des automates munis de fermetures éclairs.

Le matin, Sora les voit passer. Ils ouvrent un peu le fermoir pour dire bonjour et ils le referment rapidement. Ils n’attendent même pas les réponses. Ils sont trop pressés. La garderie, le travail, les devoirs, les commissions…

Personne n’a le temps de dire ce qui se passe vraiment. Les automates n’ont pas d’émotions. La machine est très bien préparée. La souffrance, niet. Les pleurs, encore moins; ça fait rouiller la tôle. La pauvreté est tassée à l’autre bout de la ville.

Sora a tant de choses à dire. Les mots s’enroulent dans sa gorge, les paroles étouffent son cœur et elle a envie de vomir.

Vite, très vite, Sora court et arrive à l’entrée de la ville. Elle voit une petite montagne…elle grimpe, s’élance, monte et vlan, elle peut enfin vomir tous ces non-dits.

Cette expulsion de mots dégouline jusque dans la ville. Cette vomissure emporte avec elle, tous les déchets pour faire place à une nouvelle petite ville paisible et accueillante. Une petite ville qui accueille les mots et les émotions.

Alors, Sora est heureuse. Elle peut désormais se transformer en oiseau et prendre son envol vers une autre petite ville silencieuse. Son chant se fait discret mais continuel. On peut l’entendre dès la levée du jour.

: Sora : prénom féminin et amérindien qui signifie : oiseau chantant qui prend son vol.

 

 



02/04/2011
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