Ni beaux ni laids

Ni beaux ni laids

La vieille chaise

La vieille chaise

 

 

La nuit forme un tableau sombre. Quelques étoiles effrontées s'infiltrent dans la chambre. Une

 

brise légère souffle sur les rideaux de dentelle. Quelques fleurs séchées par le temps et déposées

 

négligemment font office de jardin.

 

 

Les oiseaux, sur une toile, se nettoient les plumes. Une ancienne boîte à bijoux ressemble à un

 

coffret de pirate rempli de trésors inconnus.Le buste d'un homme sans âge laisse entrevoir un

 

passé toujours présent. Puis, une ombre se déplace furtivement. La musique expire son dernier

 

soupir. Le souffle de la femme endormie devient plus léger.

 

 

Soudain, une vieille, très vieille chaise toute noire et tressée, se dandine. Vêtue d'un châle mauve,

 

la chaise s'incline, se relève,... comme si un fantôme prenait possession des lieux. Tous les objets

 

inanimés de la pièce accompagnent les mouvements de la chaise.La femme endormie chuchote.

 

Puis, elle se retourne dans son lit. Sa respiration comme une blanche pointée, prolonge le

 

mouvement de la chaise.Tout devient unité dans l'univers. Un parfum de lavande embaume la

 

pièce.

 

 

Puis, des brumes matinales se dissipent toutes les inquiétudes. Un crayon esquisse un soleil

 

merveilleux et la lumière se répand partout dans la chambre.C'est à ce moment-là que l'ombre sur

 

la chaise se lève sans faire de bruit. Il ne reste maintenant qu'une vieille, très vieille chaise toute

 

noire et tressée et, surtout, immobile.Lorsque la femme endormie se réveille, elle aperçoit le châle

 

mauve et sourit.

 


 

 

 





 La vieille chaise Revue québécoise  Bel Âge mai 2011



03/08/2011
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