Ni beaux ni laids

Ni beaux ni laids

La soif de vivre

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 Ce jour-là, la fillette dessina un très petit soleil comme si elle n’avait pas le droit au bonheur. Puis, elle osa construire une maison sans volet pour laisser passer la lumière. Enfin, elle posa peu à peu des morceaux de ciel bleu dans sa mansarde. Une rivière serpentait lentement et les oiseaux nichaient dans les arbres feuillus. À doses légères, elle dégustait les saveurs douces et elle respirait le parfum des roses. Les saisons se suivaient, mais l’enfant continuait de vouloir embellir les choses.

Très tôt, elle se surprit à fredonner les soupirs, les cris, les éclats de rire, les murmures, les pleurs de son cœur pour faire chanter les murs de la maisonnée. Ses doigts frôlaient au passage toutes les noires et les blanches d’un piano ou pinçaient les cordes d’un violon et d’une guitare. Elle se sentait ainsi plus près du bonheur. Ce bonheur que les grandes personnes recherchaient avec autant de force. Ce bonheur que certains ne trouvaient jamais. Ce bonheur qu’elle voyait passer rapidement dans certains regards.

En grandissant, l’enfant entendit de plus en plus souvent pleurer la forêt, gouta des fruits amers et ressenti la misère dans le monde. Envers et contre tout, elle se mit à peindre avec des mots et des teintes de gamine pour aimer. Sans faire trop de bruit, on aurait dit qu’elle contemplait la vie avec des yeux neufs comme si chaque lumière animait ses prunelles d’une lueur toujours remplie d’étoiles. Le vent frais ranimait ses envies d’amour. Elle balançait la peur de la souffrance au bout de ses bras malgré des désirs refoulés et des gestes retenus. Personne ne pouvait lui voler ses rêves et son cœur bondissait comme un jeune chien lorsqu’il reconnaissait un être aimé.

Malgré tout, des fissures se sont incrustées dans son cœur si fortement qu’elle craignait de voir son âme s’envoler pour disparaitre à jamais comme si son courage de vivre avec le bonheur pouvait s’effondrer. Il lui fallait sortir de ce gouffre sans fond et s’avancer vers de nouveaux horizons, admirer le soleil couchant, se laisser bercer par la mélodie des vagues de l’océan, boire l’eau qui coulait de la source pour assouvir cette soif de vivre au meilleur de ce qu’elle croyait. Accompagnée ou seule, elle décida de rester fidèle à elle-même et elle s’avancerait sur le chemin le plus ardu de l’amour même en rampant, en hurlant ou sans bruit… elle aimerait…

      FFA 00051195                                                                                                                                                                                                                      

 Aquarelle: Catherine Levasseur: http://marie-beatrice.blog4ever.com/



12/11/2013
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