Ni beaux ni laids

Ni beaux ni laids

La pose...

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Sensible au parfum raffiné de sa muse

Une émotion lui serra la gorge

Une émotion douloureuse…

Il voulait terminer le portrait

Mais les larmes lui brouillaient la vue

Si belle ainsi

La bouche fardée

Nue,

Avec le regard assombri par quelque chose ou quelqu’un

La pose lui sembla longue et si courte à la fois

Son désir se devait d’agoniser avant qu’elle ne puisse décoder…

Il se sentait incapable de supporter son mépris

Elle avait été précise : je reviens pour la dernière fois

Je ne t’aime plus …

Sur le moment, la colère lui avait griffé la gorge

Puis, la putain de chagrin comme un bruit de fond indésirable se mit à lui marteler le cœur…

La mémoire emplie à ras bord de ces nuits où elle se blottissait contre lui, la danse au ventre, au creux du même lit…

Il savait que ses mains pourraient la peindre pour l’éternité, mais ses mains seraient en exil de sa peau. Il avait comme une impression de voir mourir une étoile en plein jour…

Soudain, elle sembla deviner, mais se ravisa…

Le souffle court et encore secoué … il espéra…

 L’oublier …

Il la regarda bêtement

La muse referma la porte de l’atelier sans bruit et sembla s’évanouir dans la rue

À ce moment-là, il  pleura avec l’étrange sensation d’avoir largué son cœur quelque part

Lorsque la journée déclina, sur une page blanche était dessiné un croquis de femme incomplet comme si l’artiste n’avait pas terminé son ébauche.

 

 Artiste-peintre Henri Valachman

 



30/04/2014
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