Ni beaux ni laids

Ni beaux ni laids

La guitare

Un jour pas comme les autres, elle vint à moi. Surprise, je la pris maladroitement et sans un mot, ou

 

presque, je la déposai dans ma chambre.

 

Mon cœur battait la démesure. Mes pensées quittaient la terre ferme pour s’aventurer vers d’autres lieux et

 

d’autres rivages.Le soir venu, j’allumai une petite lampe et je la surveillai du coin de l’œil.

 

 

 Une fois, débarrassée de son fourreau, je contemplai longuement sa blondeur, ses courbes se révélaient

 

harmonieuses.

 

Je ne puis m’empêcher de penser à toutes ces mains calleuses et moites, à tous ces doigts crochus et

 

difformes qui avaient osé la toucher. À ces personnages avides de prestige et de gloire.

 

Il fut un temps où, cette inconnue n’était que maitresse. Une blonde parmi d’autres. Une pièce pour

 

accompagner les grands maîtres.

 

Puis, la guitare se hissa parmi les plus grands. La finesse de ses attaches lui assurait son titre de noblesse.

 

Sa voix se faisait entendre comme soliste et tous les hommes désiraient l’étreindre pour mieux l’entendre.

 

Aujourd’hui, elle attend.

 

Moi aussi, je l’attends. Je ne le savais pas encore, mais c’est ainsi.

 

Soudain, un homme dont je ne distingue pas les traits, se place tout contre moi.

 

Enlacés, il place sa main sur la mienne. Avec douceur et fermeté, il dirige le mouvement de mes doigts. Puis,

 

il attaque de la main gauche et sans s’arrêter, il devient instrument et l’instrument, devient mien. J’ai ressenti

 

l’élan unique, ce chavirement de tout mon être, l’union avec l’infini.

 

L’homme disparut. Hésitant entre le désir et la peur, je redéposé l’instrument dans son fourreau. Le vide

 

revint en moi.

 

8 mars 2010

 

FFA 0005115

 



16/10/2012
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