Ni beaux ni laids

Ni beaux ni laids

Celle qui attendait

Dans le village des oublis, des ancêtres racontaient avec plein de silences et de soupirs,

l’histoire de celle qui attendait…

 

 

Elle attendait depuis si longtemps que ses yeux presque blancs

demeuraient rivés sur la ligne d’horizon. Immobile avec la solitude au

creux de son âme, elle prenait l’attitude d’un oiseau esseulé. Elle attendait

depuis si longtemps que tous les bruissements dans le feuillage des arbres lui

rappelaient de vieilles chansons. La musique adoucissait un peu les gelures

laissées au fil du temps. Elle attendait depuis toujours une parcelle

d'éternité d’amour avec une longue nuit de troubadour. Les pleurs versés

coulaient et mourraient un peu plus chaque jour. Elle attendait ainsi depuis le

début de sa vie. Attendre, espérer, prétendre et…, mais comme une rose fanée, elle

commençait à s’assécher.

 

 

Elle attendait depuis si longtemps que son cœur une nuit

éclata en sanglot. Plusieurs saisons plus tard, un homme retrouva celle qui

l’avait tant attendu. Elle gisait inerte parmi les dalles où fleurissaient des

centaines de petites fleurs blanches et sur sa pierre tombale, on pouvait lire

l’inscription : celle qui attendait.

 

 

Texte inspiré de l'oeuvre de l'artiste Patrick Schembri

 

FFA 00051195

 



08/08/2012
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